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Haïku d’un samedi d’été

11 sept

Le son des feuilles

qui dans la rue déserte

caressent le sol.

Kesa, vêtu d’ici et de maintenant

10 sept

Kesa, vêtu d’ici et de maintenant

Chaque tradition a ses symboles. Un roi demanda un jour au Bouddha si ce dernier pouvait attribuer un vêtement particulier à ses disciples pour qu’ils soient reconnaissables. Le Bouddha, marchant avec ses disciples dans un champ de riz, il a demandé à ce que le vêtement soit le champ de riz. Alors ses disciples ont cousu un vêtement constitué de différents rectangles de tissus pour rappeler le champ de riz. Ces tissus provenaient de tous horizons. En Inde, les cadavres étaient brûlés sur la voie publique et les restes des tissus que les corps portaient sur eux, putréfié ou non, étaient récupérés pour coudre ce vêtement. Ce vêtement, c’est cette grande pièce de tissu posée de travers sur l’épaule des moines et que l’on nomme le kesa. Au-delà de l’habit, il est l’enseignement.

Car d’abord, le Bouddha propose de se vêtir du champ de riz, quand il se trouve dans le champ de riz. Le vêtement que nous portons au quotidien est notre environnement. Nous faisons corps avec lui.

Car ensuite, ce qui compose le kesa est un ensemble de matières habituellement rejetées et suscitant le dégoût. Il y a là le Grand Oeuvre, la transformation de l’impure en quelque chose de noble. Le vêtement nous invite à prendre chaque chose de la vie, et à la sublimer.

La pratique est le kesa, que le tissu soit posé sur le corps ou non, nous restons vêtu de notre environnement, et chaque chose qui se présente dans cet environnement est réutilisé, sublimé. A l’instar des linceuls pourris par la chaire et brûlés, nous faisons entrer en notre coeur la société, ses maux, ses tragédies, ses bonheurs, et tout ce qui se présente à nous. Tout cela vient se sublimer en l’habit de l’esprit que nous portons.

Celui qui porte ce tissu traditionnel sur l’épaule mais ne s’habille pas de son environnement ne porte pas le kesa. Celui qui ne porte pas le tissu traditionnel mais s’habille de son environnement porte le kesa.

 

J’ai en tête mon Maître qui pour fabriquer le dojo a utilisé des matériaux de récupération. Le dojo est tellement magnifique. Et aujourd’hui, pris de la maladie de parkinson, chaque jour sans exception il est assis dans la position du lotus, et la maladie durant chaque journée qui passe fait l’objet de sa pratique.

Le sentier du vent

10 sept

Le sentier du vent

Il est des fois où la conscience se perd parmi dix milles voix et ne sait plus quel chemin suivre. Le maître ne se présente pas à nous et la conscience ne trouve pas ce support qui la sort de ses habitudes confortables mais illusoires. Dans ces conditions, il y a toujours ce passage existant qui nous mène à ce point géographique qu’est la vision profonde. C’est le sentier du vent.

Le passeur qui se présente à nous sur ce sentier n’est autre que notre propre respiration. Tel un vent elle vient chasser les nuages de pensées qui, venus se cumuler, ont formé le voile qui cache notre soleil intérieur. L’air de notre vue devient plus frais et l’esprit redevient spacieux.

Pour suivre ce vent qui va nous faire traverser ce chantier, deux conditions requises : considérer sa respiration, déconsidérer le reste. Notons que ce n’est qu’un chemin et qu’au bout une autre forme de considération pour le monde se fera connaître. Ne restons pas donc, une fois ce chemin parcouru, sur les bords de ce sentier. Franchissons le dernier cap pour passer la porte de la vision profonde. Sinon, hormis le calme, il n’y aurait qu’un déni de ce qui est, et une grande souffrance quand les yeux s’ouvrent à nouveau sur le quotidien.

Commençons par considérer la respiration. En la laissant aller d’elle-même, lui permettant de se mouvoir sans chercher à la contrôler, juste compter les inspirations et les expirations. La pensée prend pour seul objet ce point mouvant. Pour compter, la somme d’une inspiration additionnée à une expiration est égale à un. Un cycle est égale à vingt et un. Le sentier possède mille marches, soit mille cycles de vingt et une inspiration et expiration. Selon la motivation de chacun, la liberté persiste de pouvoir emprunter le chantier et d’en parcourir une petite partie sans le terminer. Nous pouvons par exemple se contenter d’un seul cycle, de vingt et un cycles, ou du nombre qui convient, bien qu’il vaille vraiment le coup d’être parcouru jusqu’à son apogée. Pour compter, lors de la première inspiration/expiration on se dit intérieurement « une, une ». Puis « une, deux » lors de la deuxième inspiration/expiration. Puis « une, vingt et une » lors de la dernière inspiration/expiration du premier cycle. Puis lors de la première inspiration/expiration du deuxième cycle nous disons intérieurement « deux, une ». Le premier décompte est pour le cycle, le second pour l’inspiration/expiration.

Ensuite, déconsidérons ce qui se présente et qui est autre que la respiration. Il est très rare que les nuages partent immédiatement. Laissons les simplement passer sans les observer. Quelque soit la pensée qui se présente à l’intérieur, une urgence que nous avons oublié de régler, un problème d’argent, une dispute, la culpabilisation, une douleur physique, notre prochain repas, faire le bien, et quelque soit se qui se présente à l’extérieur, une personne qui crie, un moustique qui s’intéresse un peu trop à nous, une personne qui remarque vos défauts, laissons tout ça de côté. Nous les laisserons de côté bien qu’à notre insu ces pensées apparaîtrons. Remarquons qu’elles représentent juste la force de nos habitudes, et que la nouvelle attitude qui consiste à concentrer l’esprit sur la respiration va amener un changement. Plus cela est difficile à faire, plus vous somnolez, plus il y a des pensées, d’émotions, plus vous pouvez considérer que ces habitudes viennent de loin. Alors dans ce cas vous pouvez augmenter la motivation à parcourir le sentier, et aussi fort et durable paraissent les obstacles qui se présentent, en persévérant ils vont simplement s’épuiser et disparaître.

A tout moment, assis, dans la posture en sept points utilisée en méditation, en marchant, allongé, en conduisant, peu importe, le sentier sera parcouru dans toutes les positions.

Bientôt il ne restera plus que la respiration, et quand l’esprit cessera de s’attacher à la respiration, rien d’autre que la paix. Les pensées que composaient la chute d’eau et faisaient un bruit de fracas deviennent un cours d’eau au son doux, puis un lac dont le bruit est le silence. Par la suite, chaque vague qui se présente à la surface du lac, aussi grande est agitée soit elle, n’est que silence car elle est intégrée au lac lui-même. Les nuages qui se présentent en fin de sentier ne cachent plus le ciel, ils sont le ciel.

C’est comme ça que l’on déshabille l’esprit de ses pensées, et qu’on le découvre nu, tel qu’il est réellement.

…..

8 sept

Laissons à chaque seconde la liberté d’être ce qu’elle est…..

L’océan dans le souffle

8 sept

« Observons le flux et le reflux des marées. Lorsque les vagues frappent le rivage, elles se dressent et retombent, provoquant un grondement. Votre souffle doit suivre le même modèle, absorbant l’univers entier dans son ventre à chaque inspiration. »

L’art de la paix – Morihei Ueshiba

Coeur de détente

8 sept

Nous pouvons nous détendre consciemment. Mais bien souvent le résultat est mitigé. Cette méthode peut quand même fonctionner.

Dans le non-faire, le corps retrouve sa liberté d’agir. Il retrouve la possibilité de se tendre, de s’agiter, de se détendre… Quoi qu’il fasse, il fera ce dont il a le plus besoin.

C’est parce-qu’on l’a laissé faire qu’en fin de course la vraie détente apparaît. Parce-qu’à la fin de chaque cycle la nature trouve le repos. Il s’agit là d’une loi universelle.

Quand nous offrons ce cadeau au corps, alors nous obtenons l’accès une détente authentique. Nous faisons rapidement la différence entre un effort qui est fait pour se détendre, dans lequel les parties extérieures comme les muscles se relâchent mais où une tension subsiste quelque part sans qu’elle ne puisse être identifiée. Alors que, quand inconsciemment, automatiquement, naturellement, le corps fait ce qu’il a à faire et que la détente apparaît d’elle-même, les organes que la conscience ne contrôle pas se détendent à leur tour (ce qui est plus difficile dans la détente consciente). Nous sentons la trachée se relâcher, et l’air retrouve l’espace pour faire son chemin. Les souffles deviennent réguliers, s’entendent comme le bruit du vent et viennent masser à leurs passages les parois du corps. Une chose positive et incontrôlable fait son travail dans le corps à notre insu. La vie devient fluide et légère. C’est comme après avoir éprouvé la chaleur d’une canicule, de sentir une fraîcheur, de retrouver la température idéale.

Quand le corps sait à nouveau faire passer le souffle, nous retrouvons le pouvoir et la possibilité de faire passer les événements qui adviennent, les laisser circuler sans leur appliquer de force qui ne ferait que nous abîmer et accroître leur puissance de nuisibilité. La vie redevient ce courant fluide, mouvement des cinq éléments qui prennent et donnent.

On a tous un tamtam

7 sept

On a tous un tamtam

On a tous un tamtam.

Peut-être le chercherons-nous parmi tous nos objets dans les placards et autres recoins. Où juste nous dirons-nous : « Que nenni, je sais très bien ce que j’ai ou je n’ai pas, et je ne possède pas de tamtam. » Ou peut-être que nous validerons cette affirmation en pensant à notre instrument de musique sur lequel nous aimons à nos temps perdus taper des mains. Mais ce n’est pas de ce tamtam dont je parle.

Non, pour le trouver, écoutons plutôt ces moments où le bruit des moteurs disparaît et qu’il n’y a que le silence. Ce bruit semblable au diamant le plus précieux de l’univers est presque inaudible, mais dès qu’il est saisi,nous pouvons l’écouter même quand un boing 780 vole par-dessus nos oreilles.

Son bruit fait tamtam, tamtam, tamtam, tamtam…

Vous comprenez ?

Si nous avons la possibilité de lire ces lignes, c’est que nous en sommes dotés. Si nous respirons, dormons, mangeons, marchons… C’est que nous en sommes dotés.

C’est là le son du coeur.

On a tous ce tamtam, ce diamant inégalé. Sa richesse surpasse celle qui peut être réuni par les objets des cinq continents. Celui qui possède trois cents yatchs, le pouvoir, les dernières technologies, et un compte rempli de milliard ne saurait faire croire que ses richesses puissent arriver à la cheville de celle de son tamtam. Celui qui perd dans sa vie maison, argent, divertissement, travail, réputation, organe, restera à jamais pourvu d’une richesse inconcevable à chaque seconde. Sa crainte ne saurait venir que de son incapacité à entendre le chant de son tamtam, bien qu’il soit là.

Parce-que ce son entre aussi dans les oreilles de ceux qui ne l’entendent pas. De la même manière que ceux qui sont perturbés par les pensées qui passent, n’entendent plus les oiseaux chanter alors qu’ils sont des centaines ça et là autour de lui à siffler les rythmes de la nature.

Et à une majorité, ces lignes pourraient faire détourner le regard de ceux qui les lisent tant pour beaucoup ces idées peuvent paraître niaises. En effet, quand on a perdu cette oreille, subit la violence et la perte, comment croire à nouveau au chant du tamtam ? Quand on a essayé d’aller mieux par tous les moyens, thérapie, médecine, yoga, drogues, sexe, divertissements, sports et autres, et que rien n’a fonctionné, comment croire encore au chant du tamtam ? Si la frontière tient au fait de croire, elle sera vite franchit, car lorsque l’on expérimente il n’y a plus rien qui ne soit à croire.

La personne qui, à tout hasard, viendrait à expérimenter ne serait-ce qu’une seconde le chant du tamtam, comprendra que la Voie se trouve entièrement réunie dans ce son, et elle n’aura plus besoin de croire car elle saura.

 

En Inde autrefois vivait un mendiant qui avait bien du mal à soulager le creux qu’il ressentait régulièrement dans le ventre. Un jour parmi la foule de gens qui passait devant lui sans même le considérer, une personne fit tomber un bijou de sa poche. Le mendiant, aussi généreux et riche de coeur qu’il était, souhaita avertir cette personne qu’il l’avait fait tomber mais rapidement celle-ci disparue à travers la foule et il ne pu la retrouver. Alors il ramassa le bijou et alla demander conseil au Bouddha qui méditait tranquillement sous un arbre.

Mendiant : Que faire de ce bijou qui ne m’appartient pas ? Paraît-il qu’à lui seul il réunit les richesses de trois rois. Celui qui le possède pourrait vivre sans travailler et nourrir un palais une vie entière avec.

Bouddha : Cherche la personne la plus pauvre que tu puisse trouver dans ce monde et donne le lui.

Alors le mendiant se mit en chemin. Il croisa des mendiants, des yogis errants qui n’avaient pas de vêtements, des lépreux, des gens qui nettoyaient pour quelques pièces les toilettes d’autres gens. Mais personne ne voulu prendre son bijou. Il retourna voir le Bouddha.

Mendiant : Je n’ai pas réussi à trouver la personne la plus pauvre qui puisse être.

Bouddha : Quand tu regarderas au-delà des apparences et que tu verras vraiment les gens pour ce qu’ils sont, tu le trouveras.

Sur ces mots le mendiant reparti à la recherche de la personne la plus pauvre qui puisse être pour lui offrir ce bijou. Alors que personne ne voulait de son bijou, le mendiant croisa sur sa route un homme porté par un éléphant, vêtu d’or et entouré de nombreux gardes. Il avait l’air si riche. Le mendiant l’interpella et lui dit qu’il avait un bijou à lui offrir. L’homme habillé en or, très content, accepta ce bijou, mais rapidement il questionna le mendiant :

Homme vêtu d’or : Tu n’as aucune richesse, comment se fait-il que tu m’offres ce bijou ?

Mendiant : C’est le Bouddha qui me l’a conseillé.

Très intrigué, cet homme se dirigea jusqu’au Bouddha et lui demanda :

Homme vêtu d’or : J’ai la chance d’avoir reçue ce bijou des mains d’un mendiants, mais c’est grâce à vous. Comment vous est venue une idée pareille ?

Bouddha : Tu dois te sentir bien pauvre pour avoir tant besoin de ce bijou, au point de l’accepter des mains d’un mendiant. Suis-moi, abandonne cette avidité et tu te sentiras plus riche.

C’est ainsi que l’homme devint le disciple du Bouddha.

 

On pourrait dire qu’en la compagnie du Bouddha il entendit le son que faisait son coeur et passa le reste de ses jours à jouer du tamtam.

Mais qu’est-ce que le coeur ? Certes il est un organe. Certes il va s’arrêter et ne dure pas dans le temps. Pourtant il est la porte que passe l’esprit pour accéder au diamant incommensurable, ce diamant qui était là avant la vie et sera encore là après la mort. Il est plus simple de parler du coeur car ceux qui n’ont plus le souvenir de ce diamant ne savent plus comment le ressentir.

Le coeur lui est perceptible par chacun. Essayons de localiser à quel endroit nous situons la conscience dans le corps, cette chose qui fait l’expérience de notre environnement. Souvent nous entendons notre raisonnement intérieur, cette petite voix qui est entre les deux oreilles, au niveau de la tête. Descendons ce point au niveau du coeur, concentrons nous totalement sur la zone du coeur, et déjà la vie change. Les éléments extérieurs se perçoivent à cet instant à partir du ressenti et non plus d’une analyse logique. C’est de renifler la vie avec le coeur dont il s’agit. Les mots donc disparaissent, ou peuvent venir essayer après coup de retranscrire l’expérience par des phrases.

 

Quand les choses n’ont plus de mots, elles changent de visage. Et alors une reconnaissance s’opère. Tout ce qui passe dans le champs du regard semble être quelque chose d’intime, de connu. Nous percevons alors des personnes que nous ne connaissions pas avant avec les mêmes sentiments que si nous voyions nos parents, nos enfants ou notre propre reflet. Nous accueillons alors tout ce qui se présente face à nous. Comme nous l’accueillons, il n’y a plus de séparation entre nous-même et la chose extérieure, que ce soit une personne ou un objet. Alors le temps disparaît et le mouvement se fige. Le temps n’a plus lieu d’être car il est calculé selon un mouvement entre deux points différents. Or ici il n’y a plus rien qui soit différent. Nous sommes partout, et tout don que nous faisons, nous le faisons en fait à nous-même. Donner devient alors une richesse infinie et nous sommes en capacité de laisser partir tout ce qui passe entre nos mains si quelqu’un d’autre est dans le besoin. Plus non plus de différence entre les vivants et les objets. Les murs et le mobilier sont également le miroir du coeur. L’inanimé devient animé et nous avons le sentiment de voir un mur comme un membre de notre famille, ou comme nous-même. Le bonheur est partout. Même la tristesse, les pensées qui nous confrontent, les événements tragiques, sont perçus comme notre propre reflet. Le poison se transforme en ambroisie et nous ressentons plein d’amour dans chaque difficulté qui apparaît. Les difficultés deviennent alors des bûches que l’on utilise pour nourrir un feu d’éveil. Ce qui était considéré comme Soi se reconnaît à présent dans tout. Soi n’est donc plus le corps, et la mort disparaît.

 

Tout ça est trop simple pour être facile à faire. C’est pour cette raison que beaucoup aiment pratiquer une vie d’exercices spirituels complexes, de visualisations sophistiquées et autres. Ils ont besoin de cette complexité et n’acceptent pas que ça puisse être aussi simple. C’est pourquoi aussi cet enseignement vient souvent en dernier, comme s’il fallait avoir un doctorat pour le comprendre et l’intégrer. Si ceux qui se lançaient dans un de ces longs parcours savaient qu’il y avait ça en fin de chemin, peut-être que par refus ils s’écarteraient à jamais de la Voie et préféreraient alors somnoler parmi les illusions. Mais heureusement ces longs parcours sont souvent des méthodes qui ont été bien réfléchies dans le but de déstabiliser cette façon de penser qui cherche la complexité et se détourne systématiquement de la simplicité qu’il considère comme niaiserie.

 

Combien d’énergie jusque là nous avions dépensé à refuser les choses, nous protéger d’éléments considérés comme extérieurs à soi-même ? Quand on sait qu’il n’y a rien à faire, rien à rejeter, rien à désirer, rien à ignorer, alors tout devient parfait. Autrefois on voyait une vague, à présent on sait que la vague n’existe pas, qu’elle n’est qu’une expression de l’Océan. Chaque pensée, même la plus perverse, n’est que le déséquilibre d’une intention positive fondamentale qu’il suffit de reconnaître. Il en est de même pour chaque comportement, chaque émotion. Les travaux sur l’attachement de John Bowlby, de Freud encore, ou d’autres psychanalystes, démontrent comment nous, humain, souffrons d’un sentiment de séparation. Selon leurs théories, nos névroses, nos états-limites, nos psychose, sont un déficit de notre rapport au monde dont la cause serait en lien avec cette relation primordiale à nos parents. Nous cherchons alors à la réparer auprès de notre monde actuel. Bien voilà, avec le tamtam, il n’y a plus rien à réparer, ce rapport est définitivement rétablit.

 

L’ultime à savoir, c’est que chacun le sait, donc chacun passe à autre chose. C’est d’un niveau maternel voir primaire alors les gens s’en détournent. Pourtant le but, c’est la fusion avec la Grande Mère, l’Expérience Première. Mais si ça saute aux yeux, ça ne veut pas dire que chacun a la capacité de le mettre en pratique au quotidien. Reprenons donc les choses les plus simples et les plus niaises pour les mettre en pratique, car c’est souvent celles que nous avons laissé de côté tant elles paraissaient faciles qui sont en fait les plus puissantes.

 

Sachons qu’à chaque seconde de vie qui passe, et particulièrement dans les moments difficiles, quoi qu’il arrive, nous pouvons prendre ce moment pour écouter le tamtam, et tout ira à jamais pour le mieux.

 

Est-ce là la pierre philosophale ? Dans tous les cas cette pratique transforme le plomb en or, et la souffrance en bonheur.

 

Paroles de vent

7 sept

Paroles de vent

Faire zazen, c’est aller parler à celui qui n’a pas de nom, et l’écouter nous répondre sans mots.

Corps de Maître

7 sept

Corps de Maître

Le corps, à chaque seconde, connaît le Dharma*.

Quand la pensée cesse d’être le centre d’attention, elle devient l’élève du corps, et tout lui est délivré.

Quand la pensée redevient le centre d’attention, elle aime travestir la profondeur des enseignements que le corps lui a transmis.

De cette manière, il ne peut y avoir une identité, un Moi qui viendrait à posséder l’enseignement.

 

*Dharma : Loi, réalité. Coeur des enseignements du Bouddha.

L’arbre, la simple présence

7 sept

L’arbre, la simple présence

Tenons nous comme un arbre.

Debout les pieds plantés dans le sol, stable, en tailleur les genoux plantés dans le sol. Le reste du corps, par une intelligence qui se fait seule, sans la pensée, trouve son équilibre pour monter la tête vers le ciel. Au milieu, l’énergie des deux qui s’unie dans le ventre.

Vivons comme un arbre.

La pensée discursive passe comme des nuages, la véritable intelligence s’exprime par le corps. Ce que la pensée ne peut concevoir, le corps le ressent. Le corps se tient dans la vie comme un arbre et fait ce qu’il a à faire.

L’arbre qui se tient là ne demande pas à être entouré de montagne ou de pollution. Il se tient juste là indépendamment de ce qui se présente. Quand il fait du soleil, il fait du soleil. Quand il pleut, il pleut. Quand il pousse, il pousse. Quand il casse, il casse. Quand il meure, il meure. Quand il abrite la vie, il abrite la vie. Tout cela, ni il le désire, ni il le rejette, ni il l’ignore. Il ne fait que le vivre. Il fait son oeuvre sans la contrôler.

La goutte de pluie se réalise d’elle-même en tombant. (Shobogenzo – Maître Dogen)

Nous ne sommes pas un arbre. Mais nous sommes un élément de la nature qui n’a rien d’autre à faire qu’à se poser et à laisser sa nature faire les choses, dans le non faire. Quoi que ce soit qui se présente, c’est là, ça vient façonner l’arbre, c’est acceptable et accepté, la mort, la violence, la tendresse, le bonheur, le bruit, le silence…

« Inconsciemment, automatiquement, naturellement. » (Maître Deshimaru)

 

« Je tiens un journal. J’y écris à quel jour de quel mois les fleures éclosent. Et à quel jour de quel mois les insectes commencent à chanter. Année après année ces dates varient à peine. Elles sont très régulières. C’est là une des lois de la nature. Ce qui s’accorde avec les lois est la nature. La nature est en accord avec les lois. C’est pourquoi je crois que les gens devraient vivre en imitant la nature. Suivez vos désirs, et vous tomberez dans un bourbier de confusion. La nature, elle, accomplit la vérité en silence. Elle ne cherche pas à être admirée ou louée. Nul part il n’est dit qu’elle sera récompensée proportionnellement à ce qu’elle accomplit. Le temps venu, elle laisse les fleurs éclore, et, silencieusement, avec ou sans nos louanges, elle fait ce qu’elle a à faire, puis s’en va, toujours silencieusement. Voilà ce que c’est qu’Être. Ce que sont les enseignements. La vérité. (Ekiho Miyazaki)

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